Chez les RekinCitrons, pour Noël, on pratique le Secret Santa : plutôt que de passer des semaines – ou plus vraisemblablement de courir tout le week-end qui précède Noël – à chercher le cadeau qui va bien pour maman, mamie, la belle-soeur, ou ton tout nouveau conjoint qu’on connait pas mais qu’il faut choyer quand même, on a décidé depuis deux ans de s’en remettre au hasard, et de laisser le karma nous désigner, par un tirage au sort ultra-sophistiqué, celui qui sera le héros de notre course frénétique de Noël, le seul et unique que l’on devra gâter, le tout dans le plus grand secret.

En gros : chacun tire au sort un prénom et en devient le Secret Santa qui aura pour mission de lui trouver l’unique mais grandiose cadeau de son Noël. Secret parce que le tout est gardé secret jusqu’à Noël – ou presque (tu te doutes bien que pour éviter que ça jacasse il faudrait au minimum un crash down de toute forme de communication technologique…).

Alors chaque année, c’est la folie. Genre Ouhlala, qui sera mon Secret Santa. On espère machin, on pense à truc, et puis Bidule nous appelle pour nous poser des questions étranges sur les systèmes d’arrosage automatique, et là on panique. On s’imagine un tas de trucs qui n’existent pas. On voit des indices dans tous les regards en biais des belles-soeurs. On en laisse des gros sur Instagram, on surlike à la vue de tous les pages Facebook des trucs dont on rêve, on épluche le pinterest de son frangin. On se fait des films, des gros. On redevient des gamins. Et il est vrai que pour ça, faut pas chercher bien loin. L’attente, la surprise, l’excitation ; ça trépigne, ça complote, ça improvise…

Mais dans ce suspense qui redonne un peu plus de saveur encore à cette fête déjà ragaillardie depuis que nos mômes nous dépassent en nombre, une chose reste sûre. Certaine. On a beau ne pas savoir qui va emballer notre cadeau, on a beau ignorer ce que notre bienfaiteur secret nous aura dégoté, il y a un truc dont on peut être archi-convaincu, pour le plus grand bonheur de ma famille tu t’en doutes : à Noël, le soir, le matin, quand tu veux, quelqu’un aura… un bon vieux tricot tricoté de mes mains.

Et oui. C’est comme ça. Le rituel de Noël qui fait sourire ceux dont je n’ai pas encore tiré le prénom dans le chapeau et pousser des bienveillants petits « oooooh » à ceux qui y ont eu droit. En même temps c’est ça ou un zébu. Oui, tu lis bien, un zébu. Un type dans la famille – et je crois que c’est celui dont j’ai eu deux mômes – qui a décidé d’offrir, au nom de celui qu’il devait gâter, un zébu et deux chèvres à des paysans togolais. Voilà. Et là d’un coup, mon tricot, il redevient intéressant.

Non, sérieusement, l’initiative est belle – ne serait-ce que pour la tronche de mon père quand son gendre lui remet le certificat d’attribution de son zébu. Maintenant, au Togo, il y a un zébu qui s’appelle Zépusoif, et une chèvre baptisée MoissBatt – je te laisse deviner l’origine de l’abréviation, et tu tiendras les origines paysannes de mon père. Relie ça au paysan togolais et bim ! La boucle est bouclée.

Bref, l’initiative est donc belle. Mais mon tricot aussi. Alors revenons à nos moutons. (Qui ne sont pas du Togo). Donc cette année, si t’as tout bien suivi, j’ai offert un énième tricot à mon gâté. En l’occurrence à Beau-Papa, dont j’ai tiré le nom cette année. Après le poncho multicolore en grosse laine du Pérou pour Belle-Maman l’année dernière, j’ai donc tricoté une écharpe pour le père de mon mec-bienfaiteur-des-zébus. Et cette écharpe, là voilà :

 echarpe homme 4

Je voulais quelque chose d’un peu classe qui peut aussi se porter en casual. Du chaud, tout en évitant le gros tricot rustique. J’avais acheté de la laine alpaga en prévision de ce tricot, avant de me décider pour une écharpe ; finalement je l’ai mélangée à une laine plus épaisse, de couleur écrue, ce qui donne un chouette gris chiné.

echarpe homme 6

J’ai choisi le petit point granité, qui a l’avantage d’avoir un rendu différent sur l’endroit et sur l’envers du tricot, et qui rend possible le revers de l’écharpe.

J’aime beaucoup ce point que je pratique d’habitude avec de la laine plus fine. Ici le rendu est moins délicat, mais j’aime son côté « noeuds entrelacés » sur l’endroit.

echarpe homme 5

L’écharpe fait 1m35 de long, juste assez pour un tour de cou, et ne pas être trop longue sous le manteau, comme tu peux le voir sur l’ami des zébus :

Et moi je ne suis peut être pas assez tendre avec les chèvres du Togo, mais j’aime bien chérir les visiteurs du Bocal, alors bim : le tuto cadeau de l’écharpe de Beau-Papa, c’est par !

Comme d’habitude, ce tutoriel est protégé par des droit d’auteur ; tu peux l’utiliser autant que tu veux pour tricoter des milliers d’écharpes pour ton beau-papa, ton papa moche, ton homme ou même ton petit zébu du Togo, mais ne peux en aucun cas en faire un usage commercial quel qu’il soit sans l’accord de son auteur.

Par contre, son auteur, tant qu’on en parle, serait ravie de voir les photos de tes réalisations à partir de son tuto. Alors n’hésite pas, les paparazzades des objets nés de la magie de tes dix doigts, c’est par là : rekincitron@gmail.com.

Et toi, ma mère, ma belle-soeur, mon frangin qui passe par là, tremble, tremble, car le prochain tricot, il sera peut-être… pour TOI.

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